Spiritualité, Nouvel-Age - Sciences Parallèles
Interview de Jean-Marie Bigard Par Angélique

Avec l'aimable autorisation de Jean-Marie Bigard

Commentaires à bâtons rompus au sujet du livre de Marie de Hennezel


La mort intime éditions presse Pocket

Cet interview m'a été accordée par Jean-Marie Bigard, au moment de la sortie de ce livre, alors que je voulais réaliser une maquette pour proposer des émissions de radio. C'est avec le coeur sur la main, que Jean-Marie Bigard a accepté de me donner un petit coup de pouce, sans me connaître, parce que le concept lui plaisait et parce qu'il est toujours prêt à aider les gens.

Plus que jamais le mot spirituel a été adapté à quelqu'un comme lui. Comme il est étrange de se dire qu'une partie du grand public le considère comme "graveleux", alors qu'il est courtois, charmant, profond et extrêmement drôle. Assez taquin, il ne s'est pas gêné pour me mettre le nez dans mon manque de professionnalisme, cependant, n'ayant pas de formation journalistique, j'y suis allée "à la va comme je te pousse". Il n'y a que ceux qui ne font rien qui ne risquent rien.

Au final, voilà cette conversation, à laquelle il s'est attelé de bon coeur, après avoir lu minutieusement cet ouvrage. La voici, telle quelle, et sans fautes d'orthographe, ainsi qu'il me l'a demandé !!!

Angélique : On va parler d'un livre un peu particulier, un livre qui va intéresser beaucoup de monde. Il est écrit par Marie de Hennezel, qui fait de l'accompagnement des personnes en fin de vie. C'est "la mort intime", préfacé par François Mitterrand. Quel est, à la lecture de ce livre, ton sentiment général ?

Jean-Marie Bigard :C'est un livre très intéressant puisqu'il traite d'un sujet qui nous touche tous (sauf qu'on ne connaît pas l'échéance) et qui s'appelle la mort. La seule chose dont on est à peu près tous sûr, c'est qu'on va mourir un jour et qu'on doit de toute façon s'y préparer.

C'est un livre qui est bouleversant. Cette femme vit au milieu de gens qui sont très proches de la mort et que s'y préparent. On s'aperçoit que les soins qui sont prodigués à quelqu'un qui va partir, et surtout qui est au courant de sa situation, c'est toujours très bouleversant. C'est en même temps très optimiste. Déjà, il n'y a pas d'échappatoire. On va être obligé de quitter le corps qu'on a là, pour cette vie-là terrestre. On s'aperçoit qu'on peut le faire dans de bonnes conditions. et que, malheureusement, nous les occidentaux, on nie complètement la mort.

C'est plus grave et c'est plus terrifiant de cacher à quelqu'un, jusqu'à son dernier souffle, qu'il va mourir. Evidemment c'est plus dur, c'est plus courageux, c'est plus beau aussi de pouvoir dire à quelqu'un : "voilà, il faut que tu te prépares, parce que tu vas mourir. Prépare-toi à mourir". Nous, on ne se prépare pas, on la prend en pleine tête. On entend dire ça et là : "tiens c'est bien, il ne s'est pas vu mourir". C'est plutôt une connerie.

Angélique : Dans sa préface, François Mitterrand se demande comment mourir dans un monde où les hommes sont pressés d'exister et ne se posent plus la question. Comment envisages-tu le mourir à notre époque ?

Jean-Marie Bigard : j'ai une philosophie : le but de l'existence, en ce qui me concerne, c'est de pouvoir se fondre avec DIEU, de son vivant, dans ce monde là qui lui, va son chemin. Chaque matin je me lève en me disant : je m'approche le plus de ça.

J'ai ce sentiment, grâce aux livres que je lis, grâce à des ouvrages de grands saints qui sont vivants et sur cette terre, et qui n'arrêtent pas de le dire, grâce à tous les ouvrages sacrés quels qu'ils soient, que ce soit dans la Bible, la Thora ou d'autres ouvrages, on trouve à peu près le même message.

Ce message là, c'est que dans ce monde là, en étant un jour un homme, c'est à dire l'animal le plus évolué de la planète, qui a même conscience de sa propre conscience, c'est à ce moment là qu'il faudra essayer de se fondre le plus possible avec DIEU.

Angélique : que peuvent t'inspirer les évènements de ces derniers jours avec la mort de Lady Diana et ensuite la mort de mère Térésa ?

Jean-Marie Bigard : Il y a eu la mort de quelques centaines d'algériens, il y a eu cinq cent mille personnes au Rwanda, à la machette et puis avant, il y a eu six millions de juifs pendant la deuxième guerre mondiale. Il y a eu tout un tas de morts. Bon, il y en a une qui était une princesse, qui était promue pendant un certain moment princesse, voilà, c'était son karma.

Angélique : Est-ce que tu peux nous préciser la notion de karma pour nos auditeurs ?

Jean-Marie Bigard : Le karma est clairement défini, c'est à dire que toute action entraîne une réaction. On paye au centime près tout ce qu'on fait. On peut supposer, si on adhère à la loi des karmas que si un jour on est torturé, c'est peut-être qu'on l'a déjà fait dans une vie avant. Tout est payé au centime près. Il n'y a pas du tout d'erreur et cela m'aide, en ce qui me concerne, à accepter mon destin.

Les indiens disent depuis 3.000 ans : entre la vie sur terre, le paradiso et l'inferno, le paradis et l'enfer, entre la vie sur terre et l'enfer, il n'y a pas de différence, sauf qu'en enfer on renâcle à tout. On n'a pas la possibilité d'accepter. C'est ça l'enfer. Alors que nous, sur terre, on a encore cette possibilité.

Angélique : tu crois à la notion d'enfer, toi ?

Jean-Marie Bigard : La notion de l'enfer, je viens de la définir exactement, c'est la loi du karma. Chaque fois que tu charges ton karma, tu sèmes une graine qui est mauvaise et qui donnera donc des mauvais fruits et tu les récoltera et tu sera obligé de les manger quand même.

En ce qui me concerne, ça m'aide. Quand je dis que je ne veux pas charger mon karma, j'essaye de ne pas trop emmerder mon voisin. J'essaye, dans mon entourage et autour de moi à ce que les choses soient le plus juste possibles, aussi bien dans l'écriture de mes sketches que ma manière de fonctionner en tournée. Il faut avoir le souci de l'autre. Ce n'est pas parce qu'on est de gros éléphants qu'il faut écrabouiller tout le monde. C'est très important, dans ce but là aussi, de s'approcher le plus possible de son Soi intérieur, au fil des années.

Angélique : Les gens ont une peur panique de la mort, une angoisse, est-ce qu'on peut dire que c'est tout simplement parce qu'on nie la mort ? on connaît le vide qui entoure les mourants et les endeuillés. Quel est ton sentiment par rapport à ce vide là ?

Jean-Marie Bigard : c'est ce qu'on disait tout à l'heure. Ce qui est terrifiant, c'est que les gens qui voient qu'un proche va mourir, c'est tellement tabou chez nous les occidentaux, on n'a pas tellement envie d'en parler, ça fait tellement peur, qu'on est d'accord pour le masquer même au mourant. Ce qui n'est pas bon du tout. Ce vide là, je ne peux que le constater. En ce qui me concerne, je souhaite voir venir les choses, pouvoir me préparer au maximum.

Angélique : tu te prépares déjà maintenant ?

Jean-Marie Bigard : Chaque matin, je me dis qu'il faut que je me prépare à ça et que ça peut-être aujourd'hui ou demain. Mais c'est très important de l'intégrer, encore que les indiens disent que la mort n'est pas l'inverse de la vie mais que c'est l'inverse de la naissance, ce qui est très différent.

J'aime beaucoup cette définition. Pour vivre dans un monde, j'estime, pour ma part, qu'il y a des mondes de plus en plus subtils où on a de moins en moins besoin d'avoir un corps physique. Il se trouve que là, on est encore dans un monde où on a besoin d'avoir un corps physique qu'il faut moucher, qui éternue, qu'il faut laver le matin, qu'il faut raser le matin, qui fait mal.

Le corps fait souvent mal. Il faut constamment inspirer, expirer, sous peine de mourir. Il y a tout un tas de choses à faire comme ça. On évolue dans un monde inférieur, donc on a un corps, comme un mec qui veut descendre sous la mer et qui est obligé de mettre un scaphandre. Dès qu'il sort de la mer et qu'il retire ce scaphandre avec ses semelles de plomb, donc ça l'encombre, il quitte cette enveloppe.

Pour moi, la mort c'est ça. On quitte ce corps physique pour faire ne serait-ce qu'un petit stage dans un monde un peu plus subtil, et en fonction des karmas, on retourne à nouveau sur terre et on va renaître dans la matrice d'une femme.

Si on s'est très mal comporté, on peut même redescendre dans l'échelle animale, voire végétale. Si on n'est pas prêt à vivre une vie d'homme, on peut retourner dans un règne encore inférieur. Il y a plusieurs manières de vivre : végétale, animale et même minérale. Le fin du fin, c'est d'être un être humain.

C'est pour cela que chaque matin je me lève et je me dis merci mon Dieu, je suis un être humain. Je suis au bout d'une chaîne de vie magnifique qui est encore physique mais qui est encore la plus élaborée. Je remercie de m'avoir fait naître dans un pays aussi riche. On est dans un pays richissime qui est un pays seigneur de la terre où on a légèrement tendance à oublier qu'il y a des millions de personnes sur la terre et qu'elles sont moins bien loties que nous.

Et nous, on pense comme des cons, qu'avec une petit peu de congés payés, la sécurité sociale et une belle démocratie, on a changé quelque chose à la nature de l'homme. On dirait même qu'on vit dans un autre monde. Et bien non, on vit bien dans le même monde, on n'a pas changé d'un poil la nature de l'homme. On n'a pas changé le pourcentage entre le mal et le bien, entre la paix et la guerre, entre les seigneurs et les serfs. Tout ça c'est une illusion totale.

Le monde va son chemin. L'oeuvre de Dieu, c'est qu'il a créé ce monde exactement comme ça. Il est avec le bien, le mal, parfaitement organisé. Avant, nous on disait : il y a des seigneurs et des serfs, tu te rends compte, maintenant qu'on a une démocratie, une sécurité sociale, on ne peut plus dire, par exemple : le seigneur se baladait dans la campagne, il disait "tiens toi, viens ici", il sautait une paysanne. Au cas où il lui refilait une maladie, il lui donnait une petite pièce, si elle était enceinte, pareil, il avait le droit de cuissage. C'était quand même ignoble. On a juste déplacé un tout petit peu le problème sur cette même terre, c'est à dire que maintenant, il y a des pays seigneurs et des pays serfs.

Comme nous, le contact ne s'établit plus, on a l'impression qu'il y a des sauvages d'un côté et que nous on est bien organisé. Non, non, il y a des hommes sur la terre et on fait partie des seigneurs, parce que sûrement on a dû faire des trucs avant et on en bénéficie et on renaît dans un pays vachement riche.

Et je suis encore mieux loti que tous les autres puisque j'ai ce don de pouvoir faire rire les gens et de pouvoir en faire rire beaucoup. Evidemment ça me rapporte beaucoup de confort, beaucoup de pouvoir, beaucoup de notoriété. Je remercie Dieu davantage encore.

Angélique : par rapport aux gens qui font des prises de conscience, justement parce qu'il sont au pied du mur, est-il possible d'être authentique ? et pour toi, quel est le chemin qui favoriser cette prise de conscience pour monsieur et madame tout le monde ?

Jean-Marie Bigard : la prise de conscience là, il s'avère que, dans le livre qui nous intéresse, elle est forcément accélérée, exacerbée, par le fait que la mort est imminente. Elle se fait plus vite que quand tu as vingt ans et que tu fais un baby-foot au troquet avec tes copains.

Quand tu es sûr, que tu sais, c'est pour cela que c'est important de savoir que tu vas mourir, évidemment tu t'y prépare et toutes ces choses t'arrivent. Tu t'aperçois en fait, que toute ta vie tu as couru après le monde extérieur et que tu as négligé le monde intérieur qui, lui, est quand même bien plus grand. C'était celui-là qui était le plus beau et tout le reste n'est qu'une illusion.

Les indiens appellent le monde extérieur Maya. Maya c'est l'illusion du monde. Evidemment on en prend conscience en général, en vieillissant. C'est jamais quand tu es enfant, à moins que tu sois un saint d'entrée, c'est possible aussi.

Normalement, les choses sont faites pour qu'au fil des années, quand on se dégage un peu du monde extérieur, plus tu deviens vieux, moins tu peux te déplacer vite, moins tu faire des affaires dans le monde, le cul aussi commence à disparaître, les envies disparaissent. Donc on a une tendance naturelle à s'intéresser beaucoup plus à son Soi intérieur. Evidemment plus tôt on démarre et mieux c'est.

Angélique : Cette prise de conscience peut être favorisée par le personnel accompagnant. Cela pose la question de la limite. Jusqu'où peut aller une personne. En se donnant, en donnant complètement sa compassion à une personne en fin de vie, on peut arriver, même si cela paraît surprenant, à se ressourcer. J'ai repris la phrase de Lou Andréas Salomé, élève de Freud qui dit :"c'est en se donnant qu'on s'obtient complètement". Un tel engagement n'est possible que parce qu'il est limité dans le temps, car il est essentiel. Qu'est-ce que le don pour toi ?

Jean-Marie Bigard : le don a une particularité, il est gratuit, sinon ce n'est pas un don, c'est un prêt. Il suffit de réfléchir tout le temps à cette phrase, à chaque fois qu'on a l'impression de faire un don. Parce que c'est malheureusement très souvent une impression. On peut donner, par exemple, on donne de l'argent à quelqu'un : tu vides ton compte et tu approvisionnes le sien. Mais on ne parle pas de ce don, encore que celui là soit quantifiable.

Quand on donne en matière de bonté, en matière d'aide, c'est tellement imbriqué dans tout un noeud psychologique, le don peut te profiter parce qu'il te renvoie une image en train de donner plutôt que de recevoir, que tu as une trouille bleue d'être égoïste et de ne pas donner assez.

Tu as des gens qui donnent parce que sinon on ne va pas les aimer, ils ne vont pas être aimables, alors que le vrai don gratuit suppose qu'on ne soit pas obligé ni d'aimer, ni de détester quelqu'un. Le vrai don gratuit est très très dur à obtenir.

Angélique : ça t'est arrivé ?

Jean-Marie Bigard : c'est impossible à dire. Comment est-ce que je pourrais dire : un jour j'ai vraiment donné ? ce n'est pas un jour, ce n'est pas une fois, ce n'est pas sur une action. regarde simplement une prière que l'on fait à Dieu. J'ai lu dernièrement une feuille qui s'intitulait prière d'abandon. La seule vrai prière qui existe c'est "Seigneur que Ta volonté soit faite". Sinon, tu peux toujours demander à Dieu, mais tu demandes quelque chose qui t'arranges toi sur le moment. Ta demande est complètement intéressée.

La prière sous forme de don à Dieu, c'est tout simplement d'exprimer avec tout son amour, de dire que Ta volonté soit faite et c'est Toi qui va décider ce qu'il y a de mieux pour moi. C'est un véritable abandon. S'il n'y a pas d'abandon, il n'y a pas de confiance, s'il n'y a pas de confiance, il ne peut plus il y avait de prière, ni d'amour, donc ça fait peur de se dire que le vrai don complètement gratuit, si on fouille bien, il est très très dur à obtenir. Le don c'est un acte d'amour total et absolu.

Angélique : et pourtant ces femmes et ces hommes accompagnent. Il y a des associations d'accompagnement des mourants qu'on voit régulièrement dans des unités de soins palliatifs, ils sont là et ils donnent leur temps et ils ne demandent absolument rien en échange. Ils partagent quelque chose.

Jean-Marie Bigard : s'ils partagent quelque chose, c'est qu'il reçoivent quelque chose en échange. Le problème, c'est de savoir si on l'a demandé, si on en a besoin, comment on en a besoin, pourquoi et qu'est-ce qui est indispensable pour soi ?où est le don ? le mec qui met une pierre sur une autre pierre pour fabriquer un truc, celui qui a fabriqué l'hôpital dans lequel les gens donnent à des mourants leur amour, lui aussi il a donné. Il a fabriqué les murs. Cela n'aurait pas été possible non plus sans lui.

C'est un problème individuel. Il est hors de question de m'entraîner sur un terrain où il y aurait des gens qui donneraient plus ou moins. C'est le problème des gens, c'est pas votre problème, c'est pas mon problème, chacun fait comme il le sent.

Angélique : une des mourante a dit, une fois qu'elle a fait sa prise de conscience, elle a décidé d'assumer sa mort en toute dignité, elle a rassemblé sa famille et a voulu expliquer à ses petits-enfants ce qu'était la mort : la mort c'est comme un bateau qui s'éloigne vers l'horizon, il y a un moment où il disparaît mais ce n'est pas parce qu'on ne le voit plus qu'il n'existe plus.

Jean-Marie Bigard : tout à fait, on ne peut pas non plus nier l'existence de centaines de millions de personnes sur la terre alors qu'on ne les connaît pas toutes nommément, alors qu'on n'est pas forcément sûr, on ne les a jamais vues, on ne les verra sûrement jamais mais elles sont là. C'est la même chose pour Dieu. Ce n'est pas parce qu'on ne le voit pas qu'il n'existe pas.

Angélique : je voulais en venir à l'unité de soins palliatifs, qui est un lieu fait pour accueillir les mourants, c'est tout l'inverse d'un mouroir. C'est un lieu où la vie se manifeste avec une grande force, parce qu'on peut savoir qu'on va mourir alors qu'en fait, on veut continuer à ne pas croire à sa mort; ce sont les accompagnements de ces pensées de vie qui sont importants. Est-ce que tu as été amené à côtoyer ce type de personnes, où à rendre visité à des personnes dans des unités de soins palliatifs ?

Jean-Marie Bigard : non, je n'ai jamais rencontré de personnes comme ça. Il m'est arrivé d'aller voir des amis qui étaient proches de mourir, il y a longtemps. J'y ai pensé en lisant ce livre. Il y a des gens dont on nous avait caché la fin prochaine, parce que le médecin ne l'avait pas dit, il y a la conspiration du silence.

J'aurais été tenté parfois de dire à quelqu'un : prépare toi parce que tu ne vas pas mieux, tu vas plutôt moins bien, mais dans le contexte, les médecins disaient que ça allait se stabiliser. C'est très dur de prendre une responsabilité.

Ce n'est possible que quand le scientifique déclare : "moi j'ai fait tout ce que je pouvais et la maladie continue de progresser". C'est extrêmement rare qu'un médecin vienne dire ça à l'entourage d'un mourant. Je le regrette, car c'est toujours mieux quand on peut dire à quelqu'un de se préparer à mourir.

Angélique : en quoi pour toi c'est mieux ?

Jean-Marie Bigard : parce qu'on nous aide à sortir du ventre de notre mère. Il y a la mère qui pousse, il y a les autres qui tirent, c'est dommage qu'on ne file pas un coup de main à quelqu'un à partir aussi. La prise de conscience qu'on a à ce moment là est essentielle. Au moment où on va quitter son corps, il est essentiel de ne pas être dans le brouillard. D'ailleurs ce n'est pas un brouillard.

La plupart des gens qui ont été proches de la mort et qui en sont revenus, ont vu plus de lumière que de brouillard. Ils disent presque tous : on a du mal à revenir, parce que ça faisait chier de revenir dans ce corps malade ou fatigué, même momentanément, même des gens qui sont bien portants par la suite, mais qui ont été tout près d'y aller.

Je trouve que c'est plus optimiste de voir les choses comme ça que de dire : non, ça va aller mieux et puis le type va s'éteindre. On va lui donner un truc pour qu'il ne souffre pas, puis après il va être dans le coma et puis il va partir comme ça. Quand on est encore conscient, je pense que c'est mieux. Je dis pas que je pourrais le faire maintenant et le dire à quelqu'un, c'est tout un travail d'équipe.

Angélique : ne penses-tu pas que c'est se protéger soi-même ?

Jean-Marie Bigard : Bien sûr, c'est très souvent le cas. D'ailleurs, si tu interroges les gens dans la rue, ils te diront qu'il se soucient moins de leur propre mort que de la mort d'un proche, parce que c'est lui qui part et c'est nous qui restons. Le lendemain il est toujours mort, comme hier, ça n'a pas changé et puis le surlendemain aussi.

C'est des gens que tu aimais et il te manquent. Il te manquent constamment. On ne dit pas : tu verra tout passe. Non, tout ne passe pas. Quand on perd quelqu'un de cher, on apprend à vivre avec l'absence de cette personne. Quand quelqu'un manque, il manque tout le temps.

C'est là qu'intervient le rôle de l'acceptation. Ou on accepte, ou on refuse. Si on refuse, on est malheureux tout le temps, on renâcle, on va vers l'enfer. Si on accepte, on dit :"que Ta volonté soit faite".

Angélique : ce qui nous amène à la dignité de la personne qui part. A partir du moment où elle peut dire : "je vais mourir", elle devient actrice de son propre départ.

Jean-Marie Bigard : bien sûr, c'est pour ça que ça répond à la question d'avant, c'est mieux comme ça que l'inverse.
Angélique : Certains mourants ne veulent pas mourir, ils ressentent beaucoup de culpabilité envers ceux qui restent.

Jean-Marie Bigard : le mourant essaye de prendre soin de son entourage et essaye de lui masquer sa mort prochaine, afin de ne pas lui faire de peine, ce qui l'amplifie évidemment.

Tout ce qui est caché, ce sentiment assez palpable, tout le monde le nie, comme si on était dans l'eau jusqu'au cou. Qu'est-ce que c'est sec ici, moi je suis complètement desséché et on est dans l'eau jusqu'au cou tous et tout le monde dit : non non, il n'y a pas d'eau.

Moi mon boulot à moi, c'est de dire qu'il y a une tâche sur la robe, même si personne ne veut le dire. C'est ce que je fais dans mes sketches. Quand j'ai écrit le sketch du camion je dis : vous avez remarqué, à chaque fois qu'il y a un mec qui se fait écraser par un camion, il y a toujours un con dans l'entourage, souvent un proche, même quelqu'un de la famille qui dit : et moi comme un con je lui paye un café. Si je lui paye pas de café , il passe deux minutes avant au carrefour et il n'est pas écrasé par le camion.

Ce à quoi je réponds : oui mais si on remonte ces deux minutes là, il faut remonter aussi les deux minutes d'avant et puis même le quart d'heure, parce que le quart d'heure d'avant, le mec avait repris du fromage au restaurant, donc c'est un peu de sa faute aussi;

Et les parents, il ne sont pas tout blanc dans l'histoire. La mère, au moment de l'accouchement, elle pouvait pas se retenir 30 secondes, serrer les cuisses pour sauver son fils ? et le grand-père ? il est né qu'en 19, à cause de la guerre de 14 ... 5 ans de décalage. Tout ça parce qu'un archiduc a été se promener à Sarajevo, encore, François Ferdinand. Boum, il se prend une balle.

Puis je remonte et il y a eu les fraises de Grouchy. Parce que si Grouchy n'avait pas mangé des fraises, on n'aurait peut-être pas perdu à Waterloo, on n'aurait envahi Vienne et puis l'archiduc n'y serait pas allé. Et je remonte ce sketch jusqu'à Adam et Eve.

Ce sketch, entre les lignes, veut tout simplement dire qu'il faut accepter son destin. Il faut accepter. Il y a eu un accident, on va perdre quelqu'un, l'autre il a un cancer et il va bientôt y aller.

Et bien, il y a deux solutions : C'est où tu refuses et tu es malheureux tout le temps, où tu acceptes. C'est un exercice comme quoi l'outil du rire peut permettre de véhiculer absolument toutes les idées, tous les sentiments, en l'occurrence, tous mes sketchs sont animés de quelque chose comme ça. Celui du camion, c'est sur l'acceptation de son destin. Les gens qui vont écouter ça vont dire, alors, il faut que je le réécoute, parce que c'est un sketch rigolo.

Angélique : on peut le réécouter facilement ce sketch là ?

Jean-Marie Bigard : il doit être déjà vendu à quelques 200.000 exemplaires. C'est la vidéo de mon dernier spectacle, normalement ça doit être possible, il suffit d'aller dans un magasin de K7 vidéos et donc, vous demandez la k7 "le penseur" de Jean-Marie Bigard.

Angélique : Pour en revenir à notre sujet, toujours dans le principe de l'accompagnement des mourants ...

Jean-Marie Bigard : oui, c'est très gai comme émission, ça va bien relancer l'ambiance ça.

Angélique : je suis désolé de la casser.

Jean-Marie Bigard : on en était donc aux mourants, alors quels types de mourants ?

Angélique : ceux qui arrivent dans un service, qui apprennent qu'ils sont condamnés, qui sont évidemment furieux, qui essayent de négocier et qui veulent tout de suite en finir, qui demande l'euthanasie, qu'en penses-tu ?

Jean-Marie Bigard : c'est un réflexe tout à fait normal, je ferai peut-être la même chose, j'en sais rien. C'est le refus, c'est ne pas accepter. Quand il y a refus, on veut passer devant, à ce moment, c'est moi qui vais décider et puis c'est tout de suite. Il n'y a pas de raison que je continue à souffrir.

Petit à petit, ces gens là se rendent compte qu'il y a toutes les raisons de continuer, ne serait-ce que quelques jours, quelques semaines ou même quelques heures. il y a toutes les raison, parce que c'est dans ces dernières heures là que l'on aura les plus grandes sensations.

Angélique : en fait, la demande d'euthanasie est très souvent une tentative de communication pour faire passer un message, quelque chose qui n'est pas réglé.

Jean-Marie Bigard : sûrement, moi je ne suis pas psychiatre. C'est un refus. Ce refus disparaît au bout de quelques jours parce que la personne se rend compte que c'est mieux de mettre toutes les choses en ordre et de faire un petit bilan et puis de ranger un peu les papiers avant de partir. C'est toujours mieux.

Angélique : certains mourants se réfugient dans le coma, parce qu'ils ne supportent pas du tout la confusion dans laquelle ils sont, dans laquelle l'entourage est, plus exactement. A partir du moment où l'entourage sait, à ce moment là leur lucidité revient. Ils ne sont pas encore en état de mourir, le travail n'est pas fait mais en même temps, il ne veulent plus supporter. C'est comme s'il coupaient la communication.

Jean-Marie Bigard : c'est à dire que comme tout le monde ment à tout le monde, ça devient une chape de plomb tellement dure à porter, que l'intéressé préfère couper le courant, comme ça il est dans le noire et il ne voit plus rien. Là aussi c'est toujours moins bien.

Angélique : certains disent que pour les proches, il est plus facile de laisser mourir quelqu'un quand on est en pais avec lui. Qu'est-ce que tu en penses ?

Jean-Marie Bigard : de toute façon, il est plus facile d'être en paix que d'être en guerre. Ce qui nous semble le plus facile, et ce à quoi on cède, c'est la colère. Par exemple le coup de poing ou les sanctions, ou la maîtrise de l'autre, ou le pouvoir que l'on peut avoir sur l'autre, alors que c'est faux. C'est un collier que l'on se met à soi-même : être obligé de tenir ou un tas de gens, ou un tas de pognon, ou un tas d'envies ou un tas de désirs, mais tout cela c'est un joug.

Angélique : tu nous parle du lâcher prise là, en fait ?

Jean-Marie Bigard : oui; la paix et la vérité que l'on peut exprimer et sortir de son coeur est toujours moins lourde. C'est pas forcément le plus facile à faire mais il s'avère qu'à chaque fois tu es gagnant et à chaque fois, la vie est moins lourde à porter.

Angélique : A la veille de leur mort, les mourant, donc ...

Jean-Marie Bigard : à la veille de leur mort, les mourants sont tout près de mourir. On est emmerdé avec ça.

Angélique : et en fait les malades s'intéressent à ceux qui les soignent. En fait, le fait de mourir n'est plus important pour eux, à ce moment là. Ils se projettent dans le futur, dans l'avenir. Tout d'un coup tout va bien, leur vie marche bien, le centre des préoccupations se déplace et ils voient la vie telle qu'ils auraient pu la voir.

Jean-Marie Bigard : qu'est-ce que tu veux que j'ajoutes à ça ?

Angélique : qu'est-ce que tu en penses ?

Jean-Marie Bigard : je suis d'accord.

Angélique : il y a un rapport autre, le calme de la personne et le temps. C'est très important la notion de temps pour la personne qui va partir. Le temps se suspend. François Mitterrand a dit :" on découvre toujours trop tard que la merveille est dans l'instant". L'instant présent, ça représente quoi pour toi ?

Jean-Marie Bigard : l'instant présent, c'est l'instant qu'on vit constamment et c'est celui qu'on oublie perpétuellement. Ce qui fait le malheur des hommes, c'est qu'on projette toujours d'avoir un désir qui est demain.

Mais le bonheur n'est pas demain, c'est aujourd'hui. C'est même pas aujourd'hui, c'est maintenant, à la seconde, là où je parle, c'est là le bonheur. C'est pas après. Après, ce sera l'instant d'après et puis avant, l'instant est passé.

Le seul moment qu'on vit constamment, c'est le moment présent et c'est celui qu'on oublie constamment de vivre. C'est à dire qu'on a une projection, on se dit : pour avoir le droit (c'est plus fin que ça), d'être malheureux maintenant, il faut se dire qu'on va être heureux demain.

C'est comme ça que fonctionnent 90% des gens :"c'est normal qu'en ce moment je ne sois pas très heureux, que je ne sois pas complètement épanoui, puisque le bonheur ce sera demain. Ce sera quand j'aurai un cheval, avec une maison et un court de tennis derrière, ou n'importe quelle autre connerie qu'on peut désirer.

En fait, les gens se retrouvent, pour la plupart, à désirer désirer, plutôt qu'à désirer obtenir. Souvent obtenir c'est faire le deuil de son désir. C'est terrifiant. Voilà, tu voulais un cheval et clac, on te donne u cheval. Ah bon, mais comment ça se fait, je ne suis pas plus heureux là que tout à l'heure , ou ça va pas durer. Alors, il faut que tu cherches autre chose. Tout ça c'est la course vers le monde extérieur.

Mais il y a un endroit dans notre coeur, ou Dieu réside, si jamais on arrive à s'y plonger, à rentrer dans le monde intérieur. Il y a un moment où on est constamment dans le bonheur et dans le moment présent. C'est partout sauf dans le monde extérieur.

C'est une des raisons pour lesquelles je crois en Dieu, Dieu qui est dans le coeur de chacun, j'entends bien, parce que c'est le seul endroit où on est en paix. Où on n'est plus obligé d'être heureux ou malheureux constamment, c'est l'attirance des contraires.

Angélique : les mourants nous disent :"ne passez pas à côté de la vie, ne passez pas à côté de l'amour". La vie, pour toi, est-elle un don de Dieu ?

Jean-Marie Bigard : bien sûr que c'est un don de Dieu. La vie d'abord ne s'arrête pas, encore une fois. La vie, on se la transmet. Ce n'est pas la vie qui s'arrête, mais la vie d'une personne dans un temps, dans un corps, à une période qui commence et s'arrête, à peu près limitée dans le temps. Sinon la vie elle, est éternelle, comme l'amour qui est la plus grande force de l'Univers.

Angélique : je vais en venir maintenant à des sujets moins tabous.Tu as roulé ta bosse, tu es venu de Troyes sur Paris, ça fait maintenant quelques années, tu as réussi en faisant rire sur le malheur des autres.

Jean-Marie Bigard : le seul truc qui est drôle, c'est le malheur des autres. Le bonheur ne fiat pas rire. Le bonheur ne fait rire strictement personne. Quand le couple s'embrasse à la fin du film, tout le monde pleure dans la salle. Tu ne vois personne éclater de rire en voyant des gens heureux. On ne fait rire qu'avec nos travers, qu'avec nos défauts, qu'avec justement ce qui nous permet de rendre dérisoire les attentions, les préoccupations qu'on a et qui sont tellement futiles.

C'est exactement ça le rire. Le rire nous permet de remettre en place les vrais choses. C'est un échappatoire, c'est une fenêtre ouverte. Au milieu du désarroi le plus total, tu peux encore éclater de rire, devant une situation ou tu vas te trouver ridicule, ou un geste, ou un mot d'enfant maladroit. C'est que tu vas saisir qu'au milieu de la merde dans laquelle tu es, tu ouvres une fenêtre, il y a un rayon de soleil qui rentre, c'est un rire. L'humour, ça rime presque avec amour.

Angélique : en 1990, tu déclarais vouloir déchirer toutes les conventions et dédramatiser les pires situations. 7 ans plus tard, quel est ton bilan ?

Jean-Marie Bigard : le monde va toujours son chemin. Je fais toujours rigoler les gens. Je le fais certainement de mieux en mieux parce que je suis de plus en plus serein et qu'autour de moi, tout un tas de choses se sont aplanies.

Déjà le fait de savoir si ça va marcher ou pas, ça marche, tu sais que ça marche, que ça fonctionne. Tu fais un spectacle, t'en fais un deuxième, un troisième, un quatrième. Il y a de plus en plus de gens qui viennent te voir. Donc, il y a tout un tas de choses qui me permettent d'être de plus en plus serein.

Je me suis rendu compte qu'en 13 ans de temps, mes copains, mes vieux potes intimes, au fils des spectacles, me disaient :"c'est bien, tu commences à nous faire rire presque comme quand on est à table en train de bouffer avec toi".

Là le dernier spectacle, ils m'ont dit "ça y est, on était à table avec toi. On avait oublié qu'il y avait 1000 personnes avec nous, parce qu'on a l'impression que tu es assis à côté de chacun d'entre nous et puis qu'on est en train de se marrer".

Et bien il a fallu 13 ans pour que je sois naturel sur scène comme je peux l'être autour d'une table. ça prend 13 ans, donc il faut du temps pour faire les choses. Mais c'est un bonheur incroyable. Quand tu as pris, déjà pour toi, et que tu peux déverser gratuitement, là pour le coup, pour les autres, puisque pour parler du don on pourrait parler de ça.

Les indiens définissent l'égoïsme en disant :"remplis d'abord ton tonneau, quand il débordera, il y en aura pour tout le monde et ce sera gratuit".

Angélique : attends, les gens viennent te voir, ils payent quand même.

Jean-Marie Bigard : bien sûr ! et en retour ils ont quelque chose. Ils payent parce qu'ils viennent chercher quelque chose.

Angélique : oui, mais ce n'est pas gratuit alors;

Jean-Marie Bigard : évidemment. Je viens et je les fais rire, mais la notion d'argent n'intervient absolument plus dans ce que les gens prennent et reçoivent. Tu ne peux pas le quantifier.

Je l'ai fait d'ailleurs parce que c'était un argument dans un spectacle comique, de dire :"vous avez rigolé 250 fois, vous avez payé 150 balles, ça vous met le rire à tant de centimes, sauf monsieur qui n'a rigolé que 2 fois, il a pris 2 rires à 75 balles, parce que ce n'est pas quantifiable.

L'histoire d'amour entre quelqu'un qui est sur une scène, qui fait rire 1000 personnes, n'est absolument pas quantifiable, elle est totalement gratuite. ça vaut de l'argent, parce que précisément il s'avère que ça marche et que tu peux investir sur quelque chose, tu sais que tu vas rigoler.

ça ne te viendrais pas à l'idée d'aller voir monsieur tartempion, si jamais tu ne le connais pas, si tu ne sais pas du tout ce qu'il fait et qu'il dit qu'il va te faire rire. ça ne sera pas un réflexe d'y aller. Par contre tu y vas parce que tu sais qu'il y a de fortes présomptions pour que tu obtiennes ce que tu es venu chercher.

Mais après, sur la quantité et sur la qualité de cette obtention, il n'y a plus aucun chiffre qui tienne la route. C'est à dire que les gens peuvent ressortir déçus, ils n'en n'ont pas eu pour leur argent. Comme tu dis, ils ont payé. Mais, l'amour que j'ai donné, ça s'achète pas l'amour. Un soir, j'étais 50 centimètres au-dessus de la scène, je volais dans l'air, j'étais à la fois le public, le plateau, le théâtre et il y a des moments comme ça, des moments de grâce invraisemblables où plus rien ne veut rien dire.

C'est à dire que les gens ne veulent même plus que tu fasses un sketch, tu es parti dans un espèce de délire, tu es en discussion avec quelqu'un et il se passe quelque chose qui fait que tout le monde est écroulé, moi aussi, je suis écroulé de rire sur la scène. Et tout d'un coup on partage un moment, qui à lui tout seul, en 12 secondes vaut tous les bonheurs de la terre, pour tous les gens qui sont présents et qui tout d'un coup se partagent ça.

Quand on a l'amour dans le coeur, si on le partage en deux, on en a toujours autant.

Angélique :ton souhait, à l'époque était d'écrire un film, tu es en train de le faire, peux-tu nous en parler ?

Jean-Marie Bigard : c'est un film d'amour, comme par hasard, c'est un film rigolo, comme par hasard, d'émotions, comme par hasard et qui a un sens très profond, comme par hasard aussi. ça s'appelle "l'âme soeur". C'est une histoire d'amour qui démarre à mi-chemin des cieux, plus exactement sur un gros nuage blanc où il y a des anges qui s'apprêtent, précisément à revenir sur terre.

Il y a Balthazar l'Ancien qui est là et qui drive le truc et puis il y a 2 personnes qui s'aiment depuis plusieurs vies. Ils s'aiment et ne sont jamais arrivés à se retrouver sur terre. Ils demandent à Balthazar : est-ce que tu peux nous arranger le coup ? Balthazar dit :"non, pas question, vous récoltez ce que vous avez semé dans vos vies précédentes.

Tout est dans ce film. C'est la représentation exacte de ce que j'imagine qui se passe avant et après la vie, avec tout le jeu des karmas, le fait qu'on ne se souvient pas de la vie d'avant. Bien sûr, ça c'est le jeu, se serait trop facile sinon.

Donc on ne se souvient pas et il faut qu'on revienne et qu'on retrouve ça dans le fond de notre coeur, qu'on se dise : mais oui, je suis revenu encore un coup sur terre pour mieux comprendre un truc que je n'ai pas compris la dernière fois. C'est la raison pour laquelle il est interdit de se suicider, parce que ce n'est pas toi qui dois dire non, dire : c'est moi qui arrête ou non.

Dans ta vie d'après, tu reviendras exactement devant le même mur et il faudra le franchir de toute façon. Même situ as déjà hésité ou si tuas refusé de le franchir depuis 10 fois, et bien tu reviendras 150 millions de fois s'il le faut, mais il faudra que tu franchisse ce mur.

Il est très facile à franchir, parce que tu t'aperçois que le mur, en fait, il fait 2 centimètres de haut et qu'il suffit de trouver la paix, de se mettre au centre de la roue quand ça tourne trop vite et puis d'y voir plus clair.

Et voilà, l'âme soeur c'est toujours très très drôle et je suis en train de le réduire parce que le script est trop long et ça c'est terrible parce qu'il fait 150 pages et il faudrait qu'il ne fasse que 100 pages et je suis en train de faire ce travail.

Angélique : on parlait du film qui est en cours de fabrication, si je puis dire, et une pièce de théâtre ? ce n'est pas un rêve aussi ?

Jean-Marie Bigard : non, ça plus tard, car quand tu as la chance d'être seul sur scène, de tout faire, de faire la mise en scène déjà, de jouer, de t'occuper absolument de tout, après une pièce, ce sera pour le plaisir vraiment de jouer avec des copains, d'écrire une jolie pièce.

J'ai envie surtout d'écrire une pièce pou 6 voire 7 comédiens comme ça se fait maintenant, parce que je trouve que c'est bien. C'est bien parce que déjà ça fait travailler 10 comédiens même si, à partir d'un certain nombre, sur une petite scène comme le Café de la gare ou le Splendid, ça rapporte plus d'argent, mais quel bonheur de faire jouer des gens, de marcher et peut-être de faire une petite tournée derrière.

En ce moment, je suis un petit peu à l'écriture avec Patricia Levrey qui a écrit des pièces magnifiques ou Laurent Baffie, ou avec des tas de copains, on a un projet d'écrire des pièces et pourquoi pas, de jouer dedans, tout ça pour le plaisir. Là, la grosse échéance, c'est le cinéma. J'ai vraiment envie d'en faire. Je suis en trains de faire mon premier film. Les responsables de la Gaumont trouvent ce scénario merveilleux et j'en suis bien content. J'espère démarrer sur des chapeaux de roue avec ce scénario.

Angélique : toi-même, tu viens de terminer le tournage de Toulouse Lautrec ...

Jean-Marie Bigard : j'ai fait le rôle d'Aristide Bruant dans le film de Roger Planchon, qui est un tout petit rôle mais qui est très important, parce que Aristide Bruant était le personnage vedette de l'époque. Toulouse Lautrec est mort totalement inconnu. De son vivant, il n'a vendu pratiquement aucune toile. Ce qui l'a rendu célèbre, ce sont les affiches, précisément, du Moulin Rouge et du Chat Noir, les cabarets où chantait Aristide Bruant.

C'est Aristide Bruant qui disait, après avoir racheté le Chat Noir, si vous ne prenez pas les affiches de Toulouse Lautrec, vous n'aurez pas de chanteur. Il mettait tout son poids dans la balance, parce qu'il a eu le nez creux. Il a senti le talent de Toulouse Lautrec. Toulouse Lautrec est joué par Régis Royer qui est magnifique. Je crois que le film va être magnifique aussi.

Angélique : qu'est-ce que tu retires de ce tournage ?

Jean-Marie Bigard : j'ai beaucoup d'admiration pour Roger Planchon. A un moment, on était 400 entre les danseurs, les figurants et les comédiens. La caméra faisait un tour de 560 degrés. C'est un navire, c'est un paquebot France à faire rentrer dans le port de la Rochelle.

Les costumes étaient tellement beaux que quand on s'est pointé à la salle Wagram, et que l'on a vu tout ça, on y était. On était à cette époque là. Et puis Roger Planchon m'a donné mon premier rôle sérieux, Aristide Bruant. Donc, je chante debout sur les tables et tout. On a des scènes d'émotion avec Régis Royer, le personnage de Toulouse Lautrec? Ce sera la première fois au cinéma que j'aurai un rôle court mais intense.

Angélique : la sortie est prévue pour quand ?

Jean-Marie Bigard : je suppose pas avant le printemps dans le meilleur des cas, plutôt à la rentrée prochaine.

Angélique : et pour les projets tous proches ?

Jean-Marie Bigard : je vais tourner un film avec Jean-Michel Ribes, le hérisson, à la fin de l'année. On me propose beaucoup de choses dans des films qui sont de plus en plus intéressants. Je ne peux pas en parler parce que je ne suis pas encore décidé, mais je pense que je vais tourner 3 ou 4 films avant de tourner "l'âme soeur" dans lequel, évidemment, je joue un des rôles principaux.

Angélique : est-ce que tu as un message pour nos auditeurs ?

Jean-Marie Bigard : le seul message qu'on puisse dire, c'est que le plus important, c'est l'amour.




Interview de Jean-Marie Bigard Par Angélique (Spiritualité, Nouvel-Age - Sciences Parallèles)    -    Auteur : JP - France


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dernière mise à jour : 2007-05-20

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